Emotions, mode d'emploi.


Ce qui nous guide dans nos choix instinctifs au gré de l'existence, est globalement nos émotions. Sans qu'il y ait beaucoup de conscience autour d'elles, nous recherchons les émotions positives à court terme et évitons les émotions négatives, à court terme également. L'exemple type est celui de la procrastination, où nous recherchons une émotion positive à court terme (regarder un épisode d'une série) pour éviter quelque chose de plus désagréable (payer mes factures). Le cerveau fonctionne essentiellement sur le court terme lorsque nous n'y mettons pas notre conscience et que nous ne permettons pas au cortex de planifier des actions à long terme. Le résultat est que nous avons retiré une satisfaction immédiate (série) que nous payons au prix fort par des tracas administratifs par exemple (délai de paiement des impots dépassé, majoration de 10%), avec une kyrielle d'émotions négatives comme par exemple de la culpabilité et de la colère envers soi.

Donc nous pouvons dire que si nous ne mettons pas de la conscience dans ce que nous faisons, nous serons ballotés au gré des fluctuations de notre cerveau qui recherchera la satisfaction immédiate via une décharge de dopamine. Si cela ne porte pas toujours à conséquence, il y a souvent pourtant un prix à payer aux satisfactions à court terme.


Par ailleurs, notre culture du "tout, tout de suite", notre habitude du confort et l'obsession du "bien-être" nous porte à développer des attitudes inconfortables avec les émotions négatives. Elles nous font peur et nous ne voulons pas les ressentir, comme si elles présageaient forcément que quelque chose ne va pas et qu'il faut tout de suite solutionner le problème qui en est à l'origine. C'est la raison pour laquelle nous pouvons prendre des antidépresseurs suite à un deuil par exemple... mais la tristesse, la colère parfois, qui suivent le décès d'un proche ne sont elles pas normales? C'est aussi la raison pour laquelle on développe tout un panel de comportements visant à éviter ces émotions: manger quelque chose pour éviter de ressentir la frustration, nier notre tristesse et adopter un masque social, etc. Au bout d'un moment, lorsque la négation des émotions devient notre manière de vie, nous nous retrouvons ficelés dans des comportements que nous ne comprenons plus nous mêmes, qui s'avèrent toxiques et nous nous rendons compte que nous sommes perdus... Nous avons besoin de retrouver le chemin.


On peut changer cela, une fois encore, grâce à la simple conscience. Lorsque nous pouvons juste remonter le fil des comportements toxiques, nous tombons toujours sur des émotions enfouies que nous n'avons pas voulu considérer. Les dénouer passe parfois par l'aide d'un thérapeute, car il convient de remonter leur fil, d'identifier ce qui est enchevêtré. Nous pouvons aussi apprendre à désormais ne plus enfouir celles qui viendront à partir de maintenant. Là aussi, c'est l'exercice de l'art d'être conscient de ce qui se passe pour soi à tous les instants: accueillir l'émotion brute qui arrive, telle qu'elle est, car elle est juste en elle même. Chaque émotion est un messager qui demande à être écouté. Les émotions, si désagréables qu'elles soient, ne sont jamais menaçantes, elles ne peuvent jamais se retourner contre nous ou nous faire de mal. Ce qui fait mal, c'est les conséquence de les avoir niées. Les accueillir, consciemment, avec bienveillance à leur égard et ouverture, sans peur, fait que nous allons simplement nous laisser traverser et qu'elles ne s'attacheront pas à nous. Elles s'accrochent si elles sont niées, un peu comme des personnes.


Pour vous familiariser avec ce langage des émotions, vous pouvez prendre l'habitude de "mettre à plat" les différentes composantes de vos émotions, et noter, chaque fois que vous en recontrez:

- Quel est l'élément déclencheur?

- Quelle est l'émotion?


SENSATIONS:

- Comment se manifeste t-elle dans mon corps?

- Quelle est son intensité? (sur une échelle de 1 à 10)

- Combien de temps a t-elle duré?


PENSÉES

- Quelles sont les pensées, les images qui vous viennent en présence de cette émotion?

- Comment oriente t-elle votre attention et votre mémoire? dans le présent, dans les souvenirs...

- Ces pensées sont elles en accord avec la réalité?

- Sont-elles utiles?

- Me poussent elles à me dévaloriser? Ou à dévaloriser autrui?

- sur cette base, cette émotion est elle constructive?


COMPORTEMENT:

- Que faites vous, quel est votre comportement dans cette situation et en présence de cette émotion?

- Qu'est ce que cette émotion vous dicte de faire ensuite?





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Claudine BRIATORE

Psychologue Clinicienne

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