Comment naviguer par temps d'incertitudes




Des temps compliqués

Cette année qui vient de se clore aura été unique à bien des égards dans notre histoire commune. Elle aura été génératrice de beaucoup d’anxiété inédite, pour notre santé collective, mais aussi, en quelques mois, elle a dû redéfinir nos rapports aux autres, à la vie quotidienne, elle a établi des contraintes, fait naître une peur de l’avenir chez beaucoup d’entre nous. Elle a déstabilisé les économies de bien des ménages, fait émerger certaines violences face à l’autorité, nous a demandé de multiples compromis…

Et, soyons honnêtes, nous ne savons pas si nous retrouverons un jour les vies que nous avons connues jusque là, nous savons obscurément que nos repères sont appelés à bouger, et que nous devrons nous adapter dans ce monde en mouvement. Il serait un peu illusoire de lancer “Adieu 2020, vive 2021!”. Nous serons sans doute confrontés encore aux mêmes difficultés venant du monde extérieur. Peut-être, alors, pouvons-nous essayer de redéfinir le rapport que nous entretenons avec le monde, dans un juste milieu entre se changer soi et s’accepter soi, pour retrouver du sens dans un monde qui ne tourne plus rond.


Que nous souhaiter de meilleur dans un monde d’incertitude?

Rien n’est plus utile, plus constructif, pour nous et autour de nous, que d’avoir la capacité à revenir à un espace silencieux et calme lorsqu’autour de nous tout se défait et s’effondre. C’est seulement depuis cette posture intérieure, ramassés en nous même, que nous pouvons passer au mieux les vagues. Nous maintenir comme dans l’oeil du cyclone alors que nous sommes en plein dedans, sans être affecté par sa violence.

Une des clés de compréhension de ce qui peut apparaître comme cette impossible prouesse, peut être de voir que la sérénité, ce n’est pas d’être calme, d’être “zen”, comme dans les images stéréotypées qu’on nous envoie et qui n’existent que dans les publicités; Nous ne pouvons pas “contrôler” nos états internes sur le long terme, ni nous efforcer d’être calme quand celui-ci n’est pas là, car cela ne fait que générer l’effet inverse: encore plus de contrôle, encore plus de négation de nos états internes et de nos émotions, et l’effet cocotte-minute est garanti!

Paradoxalement, il s’agit déjà d’accepter d’être remué, traversé, bousculé par ses émotions. Se laisser traverser par la tristesse, l’inquiétude, l’impression d’être déstabilisé, désorienté, sans essayer à tout prix de rester tranquille et heureux. Notre manière de penser a tellement été déformée par la société néolibérale dans laquelle nous sommes, et qui prolonge ses effets bien au delà de l’organisation économique et sociale; celle-ci vient aussi se cacher dans nos têtes et nos coeurs: nous nous sommes habitués à tellement de confort, tellement de pouvoir sur les choses, que nous ne tolérons plus l’idée de la maladie, de la souffrance, de l’impuissance. Nous avons pris l’habitude que tout pouvait trouver sa réponse et sa solution: à la maladie, un traitement; à un accident, une opération; à l’inconfort de l’anxiété, un anxiolytique…


Les impasses de la recherche de confort et de sécurité

Ce confort, très louable et agréable, nous a bien souvent fait perdre de vue que la vie est précieuse et sacrée car fragile, que le bien-être n’est pas un dû, mais une grâce, une chance, et que nous pouvons avoir de la gratitude tant que c’est là… Le bonheur peut être vécu, lorsqu’à côté de lui, il y a la vie rude, l’incertitude qui lui est inhérente, lorsque tout n’est pas sous contrôle et maîtrisé dans une existence aseptisée et sécurisée, bref, lorsqu’il y a la vie dans ce qu’elle a de terrible et de magnifique. Notre tendance au contrôle et à la recherche de sécurisation de toutes les incertitudes, par le même temps, tue le sens de l’espoir. On n’espère plus, mais l’on veut des garanties.

Finalement, la vie est plus rusée que nous: nous voulons chasser le négatif pour ne garder que le positif , mais l’effet escompté n’est pas au rendez-vous. A la place, tout devient uniforme, unilatéral. Nous devenons intolérants à l’adversité, impuissants et moroses, c’est le terrain de la dépression...


Faire l’espace à l’ombre et à la lumière

Pour sortir de cette ornière, ne recherchons pas la solution à l’extérieur. Ne cherchons pas davantage à créer artificiellement le calme en nous en niant nos émotions. Déplaçons juste un peu notre regard, libérons nous de nos attentes, et réintroduisons la possibilité du risque, du mouvement, de l’incertitude, d’un déséquilibre. C’est toujours en créant en nous l’espace pour tous les possibles, agréables ou désagréables, que nous agrandissons assez notre espace intérieur pour tout accueillir avec égalité d’âme. Ainsi, nous nous décrispons du désir de garder ce qui est bien, et de la peur de le perdre. Nous pouvons rester là avec nos parties vulnérables, douloureuses, sensibles, sans avoir peur. Nous sommes là, ouverts et prêts à laisser circuler en nous l’infinie des possibilités qu’offre la vie, avec un coeur large et ouvert.


Concrètement, comment faire?

C’est le résultat d’une synergie que nous pouvons apprendre à mettre en place en nous. Dans un premier temps, notre intention est nécessaire pour changer notre regard sur nos attitudes et sur nos exigences par rapport à notre vie. Puis, des outils adaptés et efficaces nous aident à cette mise en oeuvre: la mise en place d’habitudes régulières qui modifient notre hygiène mentale et émotionnelle: la méditation est une excellente aide, à condition que nous ne soyons pas dans un état aigü d’anxiété ou de dépression (dans ce cas c’est même une contre indication!), une psychologie des ressources, travailler à fluidifier nos pensées et nos émotions pour sortir de nos blocages, avec les outils de la psychologie énergétique, ou, si nécessaire, panser les blessures laissées par les traumatismes de la vie.

Chaque cas est unique et nécessite une prise en charge spécifique, personnalisée et concertée. N’hésitez pas à demander un diagnostic de votre situation.


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Claudine BRIATORE

Psychologue Clinicienne

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