• Claudine Briatore

L'intégration émotionnelle par les mouvements oculaires


Lorsque nous sommes soumis à des émotions fortes, négatives, il se peut que le psychisme soit dépassé et que notre cerveau n’arrive pas à traiter les informations choquantes comme il le fait ordinairement . Dans ce cas, il reste bloqué sur l’évènement, sans que nous en ayons conscience. Tout se passe à un niveau psychique comme dans le cas d'un aliment que nous n'arriverions pas à digérer: l'aliment tourne alors dans notre estomac ou notre ventre, nous empoisonne et nous rend nauséeux, le corps ne parvient pas à le métaboliser. Dans le cas des émotions donc, des images, des sensations, des émotions peuvent rester "enfermées" dans le cerveau émotionnel sans être métabolisées, et tourner en boucle avec une impression de "comme si c'était hier", sans que nous parvenions à les dépasser, à leur donner un sens, à les intégrer dans notre histoire. Ce sont ces vécus traumatiques non digérés qui creusent le lit de la pathologie, provoquant un trouble de stress post-traumatique, des troubles anxieux, des phobies, de la dépression, des conduites autodestructrices.

La notion de traumatisme est subjective, et variable selon chacun. Bien sûr, il y a les traumatismes que nous connaissons tous: attentats, catastrophes naturelles, viols, etc, qui sont si soudains et brutaux que l'appareil psychique ne peut pratiquement jamais les métaboliser. Mais il y a aussi les traumatismes plus pernicieux, qui s'installent sur des temps plus ou moins longs, comme les maltraitances diverses, le harcèlement, la négligence envers les enfants, ou simplement des événements de vie difficiles... Ces événements n’ont pas nécessairement été identifiés à l’époque comme potentiellement traumatiques car ils semblent avoir été surmontés, mais ils ont, bien souvent, laissé des blessures émotionnelles pouvant être à l’origine de perturbations psychologiques, de comportements inadaptés ou excessifs dans la vie quotidienne. Cela peut concerner des difficultés familiales vécues dans l’enfance, des ruptures, des difficultés conjugales, des maladies et opérations, des interruptions de grossesse, des difficultés professionnelles, etc…


Les symptômes du trouble de stress post-traumatique

Majoritairement les perturbations s’expriment sous forme d’irritabilité, angoisses, de colère, de cauchemars, de comportements autodestructeurs, de reviviscences et ruminations à propos du vécu traumatique, une tendance à l’isolement, un état dépressif, comportement agité voire violent, douleurs physiques, somatisations, régression et/ou répétition des violences chez l’enfant, … La chronicisation du trouble peut entraîner dépression, addictions, trouble du comportement alimentaire, attaques de panique, phobies...


Le processus thérapeutique:

C'est Francine Shapiro, psychologue américaine, qui a trouvé par hasard en 1987 un moyen très simple de stimuler un mécanisme neuropsychologique complexe présent en chacun de nous. Les mouvements alternatifs bilatéraux, utilisés selon un protocole bien précis, permettent de refaire circuler l'information entre les hémisphères cérébraux et ainsi, de retraiter des vécus traumatiques non digérés à l’origine de divers symptômes, parfois très invalidants. On peut ainsi soigner des séquelles post-traumatiques, même de nombreuses années après.

Depuis près de de 30 ans la thérapie EMDR a prouvé son efficacité à travers de très nombreuses études scientifiques contrôlées mises en place par des chercheurs et cliniciens du monde entier. Elle est principalement validée pour le trouble de stress post-traumatique (SPT), qui est la dénomination scientifique de ce qu’on appelle aussi plus communément le psychotrauma.


Le traitement :

Lors de la thérapie d'intégration émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR), les souvenirs perturbants sont d'abord identifiés et ensuite retraités, un à un, lors des séances. Pour ce faire, on utilise des stimulations bilatérales alternées, des yeux, mais aussi auditives et kinesthésiques. Il faut parfois plusieurs séances pour traiter un seul souvenir.

Le processus psychique de traitement activé par la méthode est un processus conscient, et correspond à ce que fait naturellement notre cerveau quand il ne se bloque pas. Au début, je demande à la personne de se concentrer sur le souvenir traumatique, en gardant à l’esprit les aspects sensoriels les plus perturbants (image, son, odeur, sensation physique), ainsi que les pensées et ressentis actuels négatifs qui y sont associés. Je propose ensuite des séries de stimulations bilatérales alternées rapides ; il n’y a aucun effort à faire pendant la stimulation pour obtenir tel ou tel type de résultat, l’évènement se retraite spontanément. On continue les stimulations jusqu’à ce que le souvenir ne génère plus de perturbations et soit « effacé », ait perdu sa vivacité. Ensuite, j'aide la personne à développer une pensée constructive, intégrative et pacifiante.

Une séance dure de 60 à 90 mn, pendant laquelle le patient peut traverser des émotions intenses, et en fin de séance, peut généralement ressentir une nette amélioration.

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Claudine BRIATORE

Psychologue Clinicienne

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