• Claudine Briatore

Vous n'êtes pas vos Pensées

Mis à jour : il y a 5 jours


"Je compris que lorsque je croyais mes pensées, je souffrais, mais que lorsque je ne les croyais pas, je ne souffrais pas, et que cela était vrai pour tous les êtres humains. La liberté est aussi simple que cela." Byron katie



Le cerveau humain est, chaque jour, traversé par environ 60000 pensées. Que nous disent elles? Il s'avère que celles ci sont essentiellement négatives (à 80%), et aussi qu'elles sont finalement assez pauvres, toujours un peu les mêmes en dépit de leur fréquence, et qu'elles tournent en fait en boucle. Notre cerveau préfère ne pas trop réfléchir et se mettre en "pilote automatique", et ce afin d'économiser son énergie. 


Mais ce fonctionnement a son revers: à force d'automatiser, nous perdons aussi en conscience. C'est bien pratique pour ne pas avoir à penser à tout, tout le temps, car sinon ce serait un enfer!. Mais l'aspect négatif est que cela rigidifie notre vision du monde et cristallise certains points de vue au détriment d'autres. Et l'important à comprendre, c'est que tout ceci n'est que points de vue, et non pas la réalité. Nous nous identifions a nos pensées comme si elles représentaient notre réalité,  et comme si nous ne pouvions etre autrement que comme nous pensons. Mais cette "évidence " est à ré interroger si nous voulons ouvrir notre conscience et nous transformer. Les plus grandes traditions spirituelles parlent d'apprendre à nous désidentifier du mental, et la psychologie contemporaine nous fit aujourd'hui la même chose: Ne croyez pas vos pensées ! Elles sont une sécrétion de votre cerveau a laquelle il n'est pas toujours utile de croire ou de donner du crédit. Nous sommes souvent prisonniers de croyances toutes faites, de schémas limitants qui nous conditionnent et nous enferment dans une vision limitante de la vie, des relations, de nous mêmes, etc.  Ces pensées deviennent semi-conscientes, assez rigides, et nous imposent leur tyrannie. 


Par exemple: Je suis nulle, je ne vais pas y arriver / si je dis ce que je pense vraiment, je vais être ridicule / c'est toujours la même chose, si je suis trop gentil, on profite de moi... etc


Comment sortir de ces automatismes?


Il va falloir donner de la place en nous à un autre lieu pour vivre et exister, c'est à dire la position d'observateur. C'est dans cet espace où nous pouvons voir et regarder nos pensées, nos automatismes, sans avoir à les discuter ou prendre parti. On cherche à enlever de la pression pour désautomatiser l'esprit, les réactions conditionnées, en aménageant dans notre intériorité un espace silencieux et impartial, plus vaste que notre petit moi. Ainsi, en prenant l'habitude de fréquenter cet espace, de lui donner jour après jour une place de plus en plus grande, nous pouvons plus réellement être nous mêmes, plus entier, moins clivé, moins partial. Nous devenons aussi  plus souples et flexibles, capables d'adopter d'autres points de vue, et de comprendre que notre identité ne se résume pas à des opinions ou des positionnements. Cet espace, que nous devons construire à l'intérieur de nous, est un espace de conscience ouverte et libre, dans lequel tout est vrai, ou rien n'est vrai à la fois... 


Comment construire cet espace en soi?


C'est nécessairement le résultat d'une pratique régulière, étant donné qu'il s'agit de changer des habitudes très ancrées. On parle souvent de méditation,  et dans l'absolu c'est la voie royale, mais ça n'est pas toujours facile à mettre en place lorsqu'on ne sait pas comment s'y prendre au début. 


Je donne en général deux pratiques en parallèle pour commencer:


- l'exercice du flot de pensées, pour sortir de soi les pensées présentes qui tournent en nous. Il s'agit de voir de l'extérieur nos pensées afin de prendre conscience qu'on peut les regarder comme des objets, qu'elles peuvent être séparées de soi, qu'elles peuvent être changées, discutées, remises en question. Je recommande souvent d'écrire, durant 10 à 15 mn, quotidiennement, comme un rituel, sur un cahier, à "baton rompu", sans rien censurer, sans faire d'effets de style ou de phrases. 



- Ensuite, on peut ajouter une seconde pratique à ce rituel, qui est d'un immense secours pour toutes les personnes stressées, angoissées, ou bien hypersensibles, ou encore colériques, ou dont les émotions font le yoyo: c'est la pratique de la cohérence cardiaque (que vous trouverez détaillée sur mon site, avec un guide de respiration). Il est nécessaire de la pratiquer, pour qu'elle soit efficace, 3 fois 5 mn par jour au minimum. C'est une petite contrainte mais un grand soulagement. Beaucoup de mes patients ne veulent plus la lâcher même après des années tant elle leur apporte un soutien dans leur vie. C'est un excellent préalable à la méditation, qui régule notre système nerveux et nos émotions, en même temps qu'il permet déjà un entraînement du mental à la focalisation.



Ces deux pratiques simples, si elles sont régulières (c'est à dire quotidiennes), peuvent vous aider grandement à amener au dedans de vous cet espace de liberté, de respiration, au sens propre comme au figuré, et vous aider à troquer votre anxiété ou vos états émotionnels chaotiques contre la tranquillité du coeur et de l'esprit. 


Claudine BRIATORE

Psychologue Clinicienne

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