• Claudine Briatore

Accepter ses émotions les plus sombres est une clé pour la santé psychique



De plus en plus, les thérapies de la "3° vague" s'inspirent, et avec bonheur, des approches spirituelles et méditatives orientales. Beaucoup plus qu'une mode, c'est là le résultat, simplement, du constat que certaines notions qui paraissaient encore désuètes il y a quelques années, sont en réalité des sources de sagesse véritable, offrant certains outils simples et puissants, directement opérationnels pour changer nos états internes, nos émotions perturbantes, nos tendances à tourner en rond à brasser du négatif. Le poète persan Rumi conseillait au XIII° siècle déjà, de traiter les émotions indésirables, comme des visiteurs inattendus dans notre propre maison

"L'être humain est une maison d'hôtes. Chaque matin, un nouvel arrivé. Une joie, une dépression, une méchanceté, une prise de conscience momentanée vient comme un visiteur inattendu.Bienvenue et amusez-les tous! Même si elles sont une foule de douleurs, qui balayent violemment votre maison, la vide de ses meubles, toujours, traitez chaque invité de manière honorable.

La pensée sombre, la honte, la malice, recevez-les à la porte en riant et invitez-les.Soyez reconnaissant pour ce qui vient. "

- Jellaludin Rumi,

Et, à notre époque où nous devons montrer en tous temps, notre meilleur visage, être positif, de bonne humeur, la pression pour camoufler le négatif est réelle et forte. Dans la foulée de Jon Kabat-Zinn, les chercheurs en psychologie ont montré récemment que l'acceptation des émotions négatives est la voie la plus fiable pour retrouver et maintenir la tranquillité d'esprit. Ainsi, au travers des formes de psychothérapies de la "3° vague", telles que la thérapies d'acceptation et d'Engagement (ACT), ou la Mindfulness basée sur la thérapie cognitive (MBCT), l'acceptation de ses émotions sombres induit une meilleure résilience émotionnelle et moins de symptômes de dépression et d'anxiété.

Peut-être pour la première fois dans l'histoire des psychothérapies, la préconisation est de NE PAS RENTRER DANS LES PROCESSUS PSYCHOLOGIQUES. Nous n'essayons pas de changer notre façon de penser, ou la manière dont nous ressentons nos émotions. Nous pouvons même les vivre avec toute l'acuité, toute l'intensité ressentie, car ce qui est demandé, c'est précisément de rester en contact avec elles, et de les prendre pour ce qu'elles sont.

Que se passe t-il lorsque nous acceptons, simplement, ce qui est? Accepter des émotions sombres comme l'anxiété ou la rage, n'améliore pas notre expérience émotionnelle, ni ne la rend plus agréable, ni plus facile à vivre. Mais il a été montré que c'est corrélé à une meilleure santé mentale, davantage que toutes les autres techniques mentales, comme la simple observation, ou la "non réactivité" à une situation. L'acceptation nous fait faire un pas de plus, car après l'observation, elle implique le non jugement de l'expérience (on cherchera à ne pas la catégoriser en positive ou négative, bonne ou mauvaise). On cherchera à l'accueillir aussi, ce qui est différent de la simple observation: lorsque vous accueillez un visiteur inattendu chez vous, même si vous ne l'aviez pas invité, vous lui faites une place, vous l'invitez à prendre une place, vous ne le rejetez pas, car si vous faites cela, vous créerez une vague supplémentaire qui aura elle même ses propres effets (un visiteur rejeté, mis dehors, reviendra par la fenêtre, ou bien escorté d'autres visiteurs, décidés à se faire entendre et respecter...)

Accepter ses émotions est donc bien différent de s'y résigner. C'est un acte actif et positif, volontaire, conscient et engagé. Cette idée introduit par conséquent l'idée selon laquelle tout ne doit pas être accepté: autant sommes nous devant la nécessité d'accepter la perte d'un être cher par exemple, autant nous avons le choix de ne pas accepter certaines maltraitances, certaines situations douloureuses qui sont néfastes pour notre santé psychique, en l'occurence, lorsque ces situations nous font vivre des choses qui ne sont plus conformes à nos valeurs profondes. Dans ce cas, il nous appartient alors d'accepter l'inconfort, le malaise, l'aversion... et de changer ce qui doit être changé afin de nous remettre dans une ligne où nous serons de nouveau en accord avec nos valeurs.

Nous ne sommes pas tous égaux devant la capacité à accepter. Certains le font naturellement, d'autres s'avèrent très rétifs à le faire. Question de caractère et de tempérament. En revanche, ce que l'on sait, c'est que c'est une habileté que l'âge a tendance à favoriser, et c'est également une compétence qui s'acquiert. C'est tout le propos des thérapies ACT et MBCT, 3° vague des thérapies comportementales et cognitives: apprendre à accepter, accueillir ce qui est.

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Claudine BRIATORE

Psychologue Clinicienne

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